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27 mai 2018

LYON 33e congrès de la Marcophilie navale 2018 Idées toutes Faites

LYON Idées toutes faites 


Pour ceux qui ne pourront se déplacer à Lyon au congrès de la Marcophilie navale, je vais essayer de tracer un rapide portrait de Lyon en "Images toutes faites" et en "idées préconçues".  Donc place aux "Préjugés"



La ville de Lyon n'est pas née d'hier... même d'avant hier (avant Thiers? je ne sais pas) Lyon s'est appelée Lugdunum et ne doit pas ses arènes à Obélix mais à Sainte-Blandine. Il parait que cela fis beaucoup de Pothin.

On ne sait si c'est de ce jour là que livrée aux lions, la ville devint Lyon.







Au 8e siècle rien de spécial...
 









La Marcophilie navale à Lyon ne pouvait pas oublier son Président Fondateur le docteur Jacques Mériaux. 
Le service de santé des Armées est aujourd'hui à Bron ayant abandonné Bordeaux et Rochefort 

L’École de Santé de Lyon est l’héritière de l’École Impériale du Service de Santé Militaire créée en 1856 à Strasbourg pour héberger et encadrer les élèves médecins et pharmaciens militaires pendant leur cursus unversitaire. Les élèves medecins y deviennent populaires sous le nom de "carabins rouges". Mais en 1870 la ville est assiégée : les élèves les plus jeunes participent courageusement aux secours pendant le siège (quatre y sont tués). Strasbourg tombe aux mains des allemands et l’école est fermée.


Dans les années 1960 l’infrastructure de l’École ne correspond plus aux normes modernes. La construction d’une nouvelle école est décidée en 1970 sur le terrain de l’ancienne base aérienne de Bron. Construite entre 1979 et 1981, la nouvelle École ouvre ses portes en juillet 1981








Lyon a la particularité d’être serpenté par deux cours d’eau : Le Rhône et la Saône. Par trois disait-on jadis en pensant au Beaujolais bu dans les bouchons.
Et les bouchons, Lyon connait, la circulation n'y est pas toujours facile.




Lyon n'est jamais parvenue à devenir une île, elle restera presqu'île 


Et comme tout le monde en mai Lyon fait le Pont...





Lyon est donc connue pour ses bouchons, restaurants où l'on déguste les spécialités locales et les bouchons du tunnel sous Fourvière





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Depuis la plus haute antiquité, la colline de Fourvière – la colline qui prie – est un haut lieu de la vie spirituelle et culturelle de Lyon.

C’est à Fourvière – Saint Pothin y a été martyrisé – que les premiers chrétiens exprimèrent leur foi, se plaçant dès l’origine sous la protection de Marie.

Au moyen-âge (1192) une église est édifiée sur la colline en l’honneur de la Vierge Marie et de saint Thomas de Cantorbéry, récemment canonisé.

Ruinée pendant les guerres de religion, la chapelle est reconstruite en 1586.





Du latin trans ambulare (circuler à travers), la traboule est un passage couvert réservé aux piétons qui permet de circuler d'une rue à l'autre en passant sous les habitations, à travers des cours et des escaliers.




1994 Lyon accueille l'exposition coloniale dans le cadre de l'exposition universelle 







Mais Lyon voit lors de l'inauguration de l'exposition, l'assasinat du Président Sadi Carnaot par l'italien Caserio.Le 24 juin 1894, le président de la République Sadi Carnot vient à Lyon visiter l’Exposition Internationale qui se tient au parc de la Tête d’Or et sur le « quai des Enfoirés ». Le soir, après un banquet à la Bourse de Commerce qu’il préside, la foule, massée sur la rue de la Ré entre la place des Cordeliers et la place de la Bourse, attend sa sortie avant qu’il ne se dirige vers le Grand-Théâtre...                 

"Au moment où les derniers cavaliers de l’escorte passaient en face de moi, j’ai ouvert mon veston. Le poignard était, la poignée en haut, dans l’unique poche, du côté droit, à l’intérieur sur la poitrine. Je l’ai saisi de la main gauche et d’un seul mouvement, bousculant les deux jeunes gens placés devant moi, reprenant le manche de la main droite et faisant de la gauche glisser le fourreau qui est tombé à terre sur la chaussée, je me suis dirigé vivement mais sans bondir, tout droit au président, en suivant une ligne un peu oblique, en sens contraire du mouvement de la voiture.

J’ai sauté sur le marche-pieds et appuyé la main gauche sur le rebord de la voiture, et j’ai d’un seul coup porté légèrement de haut en bas, la paume de la main en arrière, les doigts en dessous, plongé mon poignard jusqu’à la garde dans la poitrine du président. J’ai laissé le poignard dans la plaie et il restait au manche un morceau de papier journal."




Guignol est une marionnette à gaine française créée à Lyon vers 1808 par Laurent Mourguet. Laurent Mourget était issu d'une famille de canuts lyonnais(ouvriers de la soie) durement frappée par le chômage. Il se reconvertit alors en montreur de marionnettes et crée le personnage de Guignol qui rencontre un véritable succès.










Allez l'OL... Il semblerait que les footballeiurs aient quelques difficultés à s'imposer mais les femmes de l'OL elles règnent sur l'Europe.

Le foot à Lyon c'est aussi le derby, le match entre l'OL et l'ASSE... 
62 kilomètres séparent les deux villes..

Ambiance assurée.






Lyon, c'est pas du cinéma... c'est même là qu'il y est né avec les frères Lumière (sans S même s'ils furent 2)




Bon Lyon, ce sont les bouchons, la rosette (pas de la légion d'honneur) le saucisson, le bébé Jésus ( il est né...) le tablier de sapeur, la cervelle de canut... le Beaujolais (en pot)




Et en parlant de pot, il faut toujours garder un verre à soi pour ne pas aller tout nu comme les canuts




Dans les années 1830, Lyon fait figure de ville pionnière pour les révoltes ouvrières. La commune de la Croix-Rousse est alors peuplée d'ouvriers et d'artisans, fabriquant notamment de la soie, surnommés les canuts.

Leur révolte est précédée, entre autres en 1819, d’émeutes écrasées par l'armée à Vienne, lors de l’introduction de nouvelles machines à tondre les draps2 : les ouvriers du textile brisent les nouvelles machines à tisser, à l'image de celle inventée par Jacquard, car ils considèrent que ces machines les concurrencent et les privent de leur gagne-pain.

Si, contrairement à une idée répandue, les canuts ne s'en prennent pas spécifiquement aux machines – ils revendiquent surtout un salaire garanti face à des négociants qui répercutent toujours les fluctuations du marché à la baisse –, ces émeutes se produisent dans un contexte de révolution industrielle et de libéralisation de l'économie qui dégrade profondément les conditions de vie de ces ouvriers et artisans.

Dépossédés d'un savoir-faire et ravalés au simple rang de force de travail, ils s'organisent en vue de contester le nouvel ordre social qui s'instaure à leur détriment.






26 mai 2018

Amiral Jean Lartigue fusilier marin Yser Dixmude Flandres guerre 1914 1918 BAN

Amiral Jean Lartigue 



En contre-point de la conférence sur les fusiliers marins qui se tiendra dimanche matin  à la Mairie du 8e arrondissement  de Lyon à 10h00, je voudrais évoquer Jean Lartigue qui fut marin, explorateur, sinologue, photographe, écrivain et fusilier marin sur l'Yser.
Compagnon de Victor Ségalen en Chine, il trouvera la mort à Rochefort lors du bombardement de la ville par les Allemands en 1940.




Plus connu par la base aéronavale de la région d'Oran, par ses expéditions en Chine ou sa mort en 1940 lors des bombardements de Rochefort, il s'est illustré avec les fusiliers marins dans la bataille de l'Yser où il fut deux fois blessé.


 C'est avec un autre marin, Victor Ségalen qu'il parti en Chine. De Pékin aux contreforts du Tibet, il fut un élément déterminant de cette exploration archéologique.





Contre-amiral. - Prépara un brevet d'interprète en chinois. - Participa à la mission archéologique et géographique en Chine dirigée par Victor Segalen en tant que chargé de mission (en 1914).


En 1909, en Extrême-Orient sur la canonnière "OLRY" puis en 1910-1911 sur la chaloupe-canonnière "DOUDART-DE-LAGRÉE", Division navale de l'Extrême-Orient (Cdt Gabriel DUPUY-DUTEMPS)





Passionné d'histoire et d'archéologie chinoises, il prépare le brevet d'Interprète 

Il sort de l’École navale en 1906 et sert en 1909 sur la canonnière Olry sur le Yangzi Jiang dont il entreprend, avec succès, la difficile descente sur plus de 3 000 km de Tchoung-King à la mer.





Second du Doudart de Lagrée (1910), il effectue des levés hydrographiques sur le Yangzi Jiang et rencontre Victor Segalen à Tchoung-King. En 1913, Segalen et Auguste Gilbert de Voisins l'engagent comme interprète de chinois dans leur mission archéologique et géographique en Chine. Il est alors spécialement chargé de la reconnaissance du cours supérieur du Yangzi entre Likiang et Batang au Tibet.




Les trois hommes partent ainsi de Pékin le 1er février 1914, fouillent les tombeaux impériaux de la vallée de la Weï, parcourent les Tsin-Ling et descendent le Kia-Ling. Ils sont accueillis à Chengdu au Sichuan par le consul Pierre-Rémi Bons d'Anty.


 A Tatsien-Lou, Lartigue se prépare à continuer seul jusqu'au Tibet mais doit renoncer en raison de l'importante insécurité de la région. Les voyageurs gagnent alors Ning-Yuan-Fou mais apprenant que la guerre vient d'éclater en Europe, décident de rejoindre Hanoï en traversant le Yunnan.




Tirages argentiques originaux (parfois en plusieurs exemplaires) issus de deux missions archéologiques en Chine : la première expédition menée en 1914 par Victor Segalen, Augusto Gilbert de Voisins et Jean Lartigue en Chine Occidentale et la seconde réalisée par Victor Segalen en 1917 dans la région de Nankin. Certaines de ces photographies sont parues en 1923 dans un atlas qui retraçait les découvertes archéologiques de ces deux missionsLes tirages, initialement conservés dans des portefeuilles, ont été décollés de leurs supports d'origine pour des raisons de conservation. Seuls les cartons de montages portant des annotations manuscrites de Victor Segalen ont été conservés et rangés à côté des tirages correspondantsVictor Segalen n'est pas l'unique auteur des photographies de la mission de 1914. Les trois hommes sont susceptibles d'avoir réalisé des prises de vue mais, les tirages n'étant pas signés, il est difficile d'attribuer précisément les photographies. Néanmoins, la mission s'étant scindée à certains moments, il est possible d'attribuer certaines photographies en fonction des sites représentés (cf : Missions archéologiques françaises en Chine : photographies et itinéraires : 1907-1923, 2005)

La guerre éclate... Il rentre en France en octobre 1914

Lieutenant de vaisseau le 19 décembre 1914.





Il est affecté à la Brigade de Fusiliers Marins et sera blessé à deux reprises dans les secteurs de l'Yser et de NIEUPORT.

Chevalier de la Légion d'Honneur.

Croix de guerre avec citation à l'ordre de l'Armée navale en décembre 1915 : "Officier très brave et très énergique. Blessé une première fois, est resté à son poste ; a été blessé une seconde fois ; est revenu après guérison, montrant toujours les plus belles qualités militaires et morales."









Vous pouvez lire son récit de cette période de la guerre en cliquant sur le lien ci-dessous et quelques extraits

A l'école du réel :(Flandres, 1914-1915)



"Un soir d'Octobre, les coudes au rebord de la tranchée, je regardais la prairie étendue de- devant moi, en contre-bas de la berge de l'Yser. A quelques centaines de pas, des maisons achevant de se carboniser marquaient la ligne ennemie, désormais installée là, avec son parapet de terre et ses mitrailleuses vigilantes, comme nous sommes installés ici, les fusils posés dans les créneaux. Je regardais cet espace vide (sinon des cadavres allongés par groupes de dormeurs sur l'herbe spongieuse inondée de clarté lunaire), cetespace interdit, doublement excommunié, sans maître, et devenu tel non point par une convention, un acte volontaire, mais par la force irraisonnée des choses. C'est le lieu où deux masses humaines, aliénant leur liberté pour se soumettre aux lois des phénomènes, ont trouvé l'équation de leurs poussées. Et sur le contour brisé, capricieux, obligatoire pourtant comme le trait de fente d'une faïence que l'on chauffe, l'angle de route où s'appuie notre tranchée semblait épingler un jalon."




"C'était la troisième nuit depuis que les marins avaient enlevé le poste d'écouté du Boterdijk. L'ordre était de s'y maintenir et de le transformer en fortin en l'adossant aux ruines d'une maison qui gisait à côté. Un chantier s'organisait chaque soir, et les travailleurs affluaient dans l'espace occupé déjà par la section de garde. Les corvées apportant les chevaux de frise tout hérissés de leurs barbelures, avaient peine à cheminer dans les boyaux où leurs faux pas rendaient d'inquiétants bruits de harpes détendues"









 Détaché au Musée Guimet (en 1920). -

Directeur des forces aériennes martimes au Ministére de l'Air (en 1931). -

Chef du Service de l'aéronautique navale (en 1939

Sources :

http://ecole.nav.traditions.free.fr/officiers_lartigue_jean.htm


http://data.bnf.fr/documents-by-rdt/12129901/530/page1

https://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1914_num_58_6_73464
http://www.droitconstitutionnel.net/CANNONIERES.html

25 mai 2018

Situation des principaux bâtiments déployés au 18 mai 2018

Amers et azimut
Situation des principaux bâtiments déployés au 18 mai 2018

46 bâtiments     21 aéronefs     3 825 marins
Opération Chammal
FAA Cassard (mer Méditerranée) + Panther
 
Opération Corymbe
PHM Cdt Birot (océan Atlantique)
 
Opération Barkhane
Atlantique 2
 
CTF 150
FLF La Fayette (océan Indien) + Panther
FS Nivôse (océan Indien) + Panther
 
Opération Sophia
PHM LV Le Hénaff (mer Méditerranée)
 
Mission Jeanne d'Arc
BPC Dixmude (océan Indien) + Alouette III
FLF Surcouf (océan Indien)
 
Déploiement Chesapeake
12 Rafale Marine
1 E-2C Hawkeye
 
Déploiement longue durée
BSAH Loire (océan Indien)
 
Surveillance maritime
FLF Courbet (mer Méditerranée)
BCR Marne (océan Atlantique)
BCR Var (mer Méditerranée)
FS Prairial (océan Pacifique) + Alouette III
B2M Bougainville (océan Pacifique)
PHM PM L'Her (océan Atlantique)
PSP Cormoran (océan Atlantique)
BBPD Pluton (mer Méditerranée)
Falcon 50 (Dakar)

Préparation opérationnelle
PHM Cdt Blaison (océan Atlantique)
PHM Primauguet (océan Atlantique) + Lynx
FASM Jean de Vienne (mer Méditerranée)
FS Vendémiaire (océan Pacifique)
B2M D'Entrecasteaux (océan Pacifique)
Patrouilleur La Moqueuse (océan Pacifique)
Patrouilleur polaire L'Astrolabe (océan Indien)
CMT Croix du Sud (océan Atlantique)
CMT Eridan (océan Atlantique)
CMT Orion (mer Méditerranée)
BBPD Styx (océan Atlantique)
BRS Antarès (océan Atlantique)
BE Chacal (océan Atlantique)
BSR Elan (océan Atlantique)
BSR Taape (mer Méditerranée)
BE Églantine (océan Atlantique)
BE Glycine (océan Atlantique)
 
Défense maritime du territoire
PSP Flamant (océan Atlantique)
PSP Pluvier (océan Atlantique)
BRS Altaïr (océan Atlantique)
 
Mission hydrographique
BHO Beautemps-Beaupré (mer Méditerranée)
BH Laplace (mer Méditerranée)
 
Opérations de police des pêches
RHM Tenace
365 jours par an, 24H sur 24, sur tous les océans et mers du globe, ce sont en moyenne 35 navires à la mer, 5 aéronefs en vol, des fusiliers marins et commandos déployés, soit près de 5 000 marins sur, sous et au-dessus de la mer pour préserver les intérêts de la France et garantir la sécurité des français.

24 mai 2018

humour dans le carré par Donec Commémorons Narvik

Donec : commémorons Narvik

Salut la compagnie,

Notre pays a une faiblesse bien compréhensible pour les commémorations de toutes sortes. En cette fin de printemps c’est la compagne de Norvège et la bataille de Narvik qui est mise à l’honneur.

Dans son livre « Les taxis de la Marne ». Jean DUTOUR avec le talent acidulé qui le caractérise nous en fait une intéressante relation. Il nous rappelle que si nos soldats sont des lions souvent nos stratèges sont des ânes.

Parole à l’auteur du « Bon beurre » dans son VIIème chapitre intitulé LE CONCOURS LEPINE.




- « Le gouvernement pensait aussi au miracle. Il cherchait le miracle comme un mathématicien travaille sur une équation. Finalement, il trouva l’inconnue. Elle s’appelait Narvik. Mais c’était un miracle pour gens médiocres et un faux miracle. Narvik cela allait bien dans le sens des niaiseries rassurantes de la propagande du pauvre Giraudoux ; cela signifiait la route du fer coupée, les Allemands affamés et réduits à merci, la guerre gagnée avec une poignée d’hommes. Bref c’était le système « D » appliqué à l’Histoire. Autre temps, autres miracles ; les Taxis de la Marne étaient grands, Ils symbolisaient un exploit semblable à celui de Léonidas ; Narvik, c’était le Concours Lépine. A la puissance et à la science, on opposait l’adresse légendaire du bricoleur.
Il n’est pas étonnant qu’une pareille idée ait enflammé les ministres de cette époque. C’est le type même de l’idée séduisante pour intelligences brillantes : elle présente le double avantage d’être paradoxale et mesquine, autrement dit elle surprend et ne fait pas peur. On se donnait à bon compte l’illusion d’être joueur et d’être audacieux. Avec cent francs on faisait sauter la banque. Quelle gloire en perspective ! Il est étrange que l’on n’ait pas changé le texte des affiches et que les Français sur les murs : « Nous vaincrons parce que nous sommes les malins. » En France une telle formule aurait pris. Hélas la banque n’a pas sauté et nous avons perdu nos cents francs.




J’ai vu en Bretagne en juin 1940 une demi-douzaine de rescapés de Narvik qui avaient échoué là Dieu sait comment. Ils portaient de bien belles canadiennes doublées de mouton qui faisaient envie à tout le monde. Sombres, renfermés, ils nous considéraient avec dédain. Ils avaient pris une ville pour l’abandonner le lendemain. Fait rare dans les annales des guerres, ils avaient été contraints de fuir leur victoire. […]
De toutes les actions militaires de 1940, Narvik est peut-être celle dont le souvenir soit le plus douloureux. Quoi de plus amer qu’une victoire perdue ? Le conseil municipal parisien eût-il un peu d’honneur ou de fermeté il rebaptiserait sa place de Narvik : carrefour des succès inutiles. On pourrait inscrire sur la plaque comme on faisait jadis, comme on fait encore en province : « Cette place a été ainsi nommée en souvenir de la prise de Narvik qui ne servit a rien à cause de la sottise et de la lâcheté du G.Q.G. français de 1940. » Humilions les enfin ces généraux ganaches, réincarnations des badernes dorées sur tranche d’Autriche et de Prusse que les colonels analphabètes de Napoléon mettaient dans leur poche."

A la semaine prochaine

Donec

Claude Farrère Fréderic Charles Bargone Marine école navale écricain académicien Lyon


Claude Farrère

Frédéric-Charles Bargone nait à Lyon le 27 avril 1876. 

Attiré par la Marine, il entre à l'Ecole navale en 1894

Aspirant le 5 octobre 1897; port TOULON.








Au 1er janvier 1899 sur le "VAUBAN", Division d'Extrême-Orient rentrant en FRANCE (Cdt Hippolyte BOUTET) 




puis il passe sur le "DESCARTES", prend part à l'occupation de KWANG-FOU-TCHÉOU, puis navigue dans le Pacifique. 






Enseigne de vaisseau le 5 octobre 1899.
Publicité pour des vins



Au 1er janvier 1900, port TOULON.

Au 1er janvier 1901, il est sur le "MASSÉNA", Escadre du Nord (Cdt Marie De FAUQUE de JONQUIÈRES). 





En 1902, il est sur la "COURONNE", École de canonnage et en sort breveté.

Au 1er janvier 1903, sur le contre-torpilleur "VAUTOUR" à CONSTANTINOPLE et sert sous les ordres de Pierre LOTI (Louis VIAUD). 



En ces temps lointain, les militaires ne pouvaient pas publier sous leur nom, imaginez quand le texte fait scandale...

Bargone devient donc Farrère en littérature.


Il commence à publier des écrits, "Les civilisés" obtient le prix Goncourt 1906. Ce roman publié après Fumées d'opium fait scandale. Il s’inspire de son expérience et de ses voyages.

Partie de cartes Claude Farrère est à droite 

Ce roman, paru en 1905, a aussitôt été couronné par le prix Goncourt.
Dans une Saigon décrite comme la ville de la débauche, Farrère met en scène des personnages dépravés et cyniques : Fierce, l’officier de marine, Torral, l’ingénieur et Mévil, le médecin. Des " civilisés " parce qu’ils se " jugent au dessus des lois communes et des contingences morales ".

Ce portrait guère flatteur de la colonie a assuré le succès du livre, en même temps que la colère des coloniaux, furieux de se voir ainsi caricaturés ! En fait, Farrère dévoilait, en l’exagérant sans doute, l’écart entre l’image projetée par l’idéologie officielle et la réalité d’une certaine société coloniale


En 1905 il est sur le "SAINT-LOUIS", Escadre de Méditerranée. 




Lieutenant de vaisseau le 1er octobre 1906.

En 1907, sur le "BRENNUS"; en 1908 sur le "CASSINI" prenant part aux opérations sur le côtes marocaines.

Le 25 avril 1910, il est à PARIS, affecté à la 1ère Section de l'État-Major général -Renseignements et travaux historiques-(futur S.H.M.).






"Hélène écarta sa bouche de Raymond pour balbutier trois mots qu’on ne compris pas. Torral et Fierce, par contenance, regardèrent une minute dehors, puis Fierce se pencha pour prendre du feu à la cigarette de Torral, tous deux indifférents. Hélène, dont on voyait les bras au cou de son amant, s’agitait de mouvements lents et rythmés, et poussait de grands soupirs et des plaintes... Une voiture venant à leur rencontre les croisa dans le temps d’un éclair. D’autres survinrent. La route tournait à gauche, et se prolongeait en allée de parc, joliment encadrée de pelouse et de bosquet. C’était l’Inspection, - les Acacias de Saigon, où la mode est de se promener la nuit comme le jour. - Des lanternes luisaient nombreuses, créant un demi jour équivoque et intermittent. Les Victorias marchaient au pas, sur deux files ; et l’on distinguait les visages des gens ; mais on n’échangeait pas de saluts, par discrétion.

En 1912, Adjoint à la Sécurité sur le croiseur cuirassé "ERNEST-RENAN" en Méditerranée. 





Il quitte le service actif en 1914 pour entrer à la Compagnie Générale Transatlantique comme Inspecteur d'armement. 





Rappelé en août, il sert sur l' "AMIRAL-AUBE" puis se fait détacher en 1917 dans l'Armée de Terre et commande une batterie d'assaut. 







En août 1918, il est Capitaine de corvette.

Il quitte définitivement la Marine en octobre 1919. 




Auteur d'une œuvre très importante, il collabora avec Paul CHACK à la série des "Combats et batailles sur mer" en 1925.

Il publie en 1924, une "Histoire de la marine française".

"...Tout Saigon était là. Et c’était un prodigieux pêle-mêle honnêtes gens , et de gens qui ne l’étaient pas, - ceux ci plus nombreux : car les colonies française sont proprement un champ d’épandage pour tout ce que la métropole crache et expulse d’excréments et de pourritures. - Il y avait là une infinité d’hommes équivoques, que le code pénal, toile d’araignée trop lâche, n’avait pas su retenir dans ses mailles : des banqueroutiers, des aventuriers, des maitre-chanteurs, des maris habiles, et quelques espions ; - il y avait une foule de femmes mieux que faciles, qui toutes savaient se débaucher copieusement, par cent moyens dont le plus vertueux est l’adultère.- Dans ce cloaque, les rares probités, les rares pudeurs faisaient tache. - Et quoique cette honte fut connue, étalée ; affichée, on l’acceptait ; on l’accueillait. Les mains propres, sans dégout, servaient les mains sales. - Loin de l’Europe, l’Européen, roi de toute la terre, aime à s’affirmer au dessus des lois et des morales, et à les violer orgeuillisesement. La vie secrète de Paris ou de Londres est peut être plus répugnante que la vie de Saigon : mais elle est secrète ; c’est une vie à volets clos. Les tares coloniales n’ont pas peur du soleil. Et pourquoi condamner leur franchise ? Quand les maisons sont en verres, on fait l’économies d’illusion et d’hypocrisie."

Sources 


Sources :
http://ecole.nav.traditions.free.fr/officiers_farrere.htm